Le Débat Stratégique Nº47 -- Novembre 1999
Notes de lecture
RAVENEL, Bernard, Kosovo, une guerre de gauche ? Pour la paix à travers le droit, Villeurbanne, Editions Golias, 1999.
Ravenel cherche une ligne moyenne raisonnable entre le pacifisme (bêlant) de gauche qui aboutit à laisser faire Munich et le droit ou le devoir d'intervention militaire contre le nationalisme ethnique pour annuler les violation des droits de l'homme qui aboutit à accepter les frappes de l'OTAN même si elles sont inadéquates par rapport à ce but. Il pense l'avenir d'un droit en formation sur les décombres de l'absolu des Nations unies de 1945 qui condamnait toute guerre sans appel et sur l'effondrement du système "guerre froide" qui stabilisait le respect des frontières sous l'empire de la terreur nucléaire. Dossier précis illustré d'encadrés hors-texte sur les grands problèmes en débat dans le cadre des préoccupations éthiques de la gauche "citoyenne", celle qui place les peuples en amont de l'Etat démocratique.
AJ
ADAM, Bernard (dir.), La guerre du Kosovo, éclairages et commentaires. Genèse d'un conflit, les acteurs, l'intervention de l'OTAN, GRIP-Editions Complexe, juin 1999.
Un dossier bien documenté mais fermé un peu trop tôt :
1) genèse du conflit (temporalité longue, temporalité de l'échec du plan Rambouillet) ;
2) les acteurs les forces politiques et l'économie en Serbie, les forces politiques au Kosovo le développement de l'UCK, la situation chez les voisins ;
3) l'intervention de l'OTAN ; les frappes (général Briquemont) la question de la souveraineté des Etats contre les droits de l'homme ; rôle de la Russie ; premiers enseignements militaires (un article de J. Dumoulin très complet pour sa date, juin 1999).
AJ
SADER, Emir (ed.), Democracia sin exclusion ni excluidos, Nueva Sociedad, Caracas, ALAS, CLACSO, UNESCO, 1998.
Lu particulièrement, Eduardo AQUEVEDO, "Néoliberalisme y pobreza en Chile el caso de la region del Bio Bio", p. 205. Le coup d'Etat de 1973 au Chili reste un cas qui vaut comme expérimentation paradigmatique : il représente de manière caricaturale la réinjection de la menace de mort dans les pratiques sociopolitiques et aboutit à cette prise de pouvoir des entreprises contre le peuple grâce à l'état militariste qui obtient la "flexibilisation de la main-d'œuvre". L'usage du terme "flexibilité du marché du travail" a sa version "soft" et n'est pas réservée aux dictatures militaires imposant par la terreur l'imperium de l'armée. Cette évolution du système capitaliste actuel s'impose en Europe occidentale par exemple, comme une simple modernisation transcrivant les agilités permises ou même imposées - dans le cadre de la rentabilité d'entreprise - par la révolution électronique et la mondialisation. Mais le Chili nous rappelle qu'on ne peut parvenir à cette "agilisation" par la simple logique de marché, dans une société de forte tradition démocratique.
AJ
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Dernière mise a jour :
Mardi 11 janvier 2000